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samedi 15 décembre 2007

American gangster



L'histoire:

Franck Lucas est un malin. Il utilise les avions de l'armée américaine, embourbée au Vietnam, pour rapatrier de la drogue et prend le contrôle de tout le trafic. Il est au dessus de tous mais, quand on est au sommet, tout le monde cherche à vous descendre et un flic incorruptible veut faire tomber Lucas.

La critique de Graspone:

Beaucoup l'annonçait comme "Le parrain" de Ridley Scott, une grande oeuvre, un sommet avec deux acteurs dont le talent n'a d'égal que la popularité, une tuerie en somme. Le problème avec ce genre d'annonce est qu'on a tendance à attendre beaucoup et, souvent, seul reste la déception. On évite cet écueil avec "American Gangster" mais il y a quand même cette impression de "peut mieux faire".

L'association Scott/Washington a souvent donné des films, sinon formidable, tout a fait regardable. Celui ci ne dérogera pas à la règle. L'histoire de ce bandit qui part de presque rien et qui se fait une place sans se faire remarquer est bien contée. On assiste à la mise en place de la bande, à la montée en puissance et, en parallèle à l'enquête des flics avec toutes les difficultés que cela comporte. Les deux héros à la vie et aux réussites si différentes, si opposés sont en fait aussi méthodiques et obstinés l'un que l'autre. L'affrontement n'en est que plus intéressant et plus beau.

Le tout est servi par une réalisation léchée comme sait le faire Ridley Scott. Si les musiques étaient bonnes, je ne les absolument pas retenu. Ceci ne voulant rien dire de particulier. Si les acteurs et scénario sont bons, il y a cependant un petit quelque chose qui me dérange et c'est l'aspect que donne ce film à un personnage qui n'est rien d'autre qu'un dealer. Sa vie est belle mais elle est basée sur la mort et la souffrance de tant de personnes. Ces dernières ne sont qu’évoquées rapidement en nous montrant des personnes ayant fait une overdose. Du coup, on ne peut pas vraiment avoir d'avis négatif sur le type qui a causé tout ça car le film ne le condamne pas ou alors le fait de manière bien caché. J'ai trouvé ça dérangeant mais certaines personnes n'y prêteront sans doute même pas attention. Au delà de ça, le film est bien rythmé et accrocheur. Un bon élève mais pas un génie.

En bref, un film qui remplit son rôle de divertissement mais qui ne restera pas dans les mémoires comme l'avait fait celui de F.F. Coppola.

La note de Graspone: 11/20

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mardi 20 novembre 2007

American Gangster

L'histoire:

Harlem, au début des années '70. Frank Lucas reprend la succession de son mentor Bumpy Johnson dans un gigantesque trafic d'héroïne. Richie Roberts est un inspecteur de police intègre et, accessoirement, la risée de tous ses collègues corrompus. Leurs destins vont bientôt se croiser.

La critique de Noriegras:

La vie de Frank Lucas, véritable parrain noir qui a bâti sa fortune et sa réputation sur l'importation et le trafic d'héroïne en pleine guerre du Vietnam est une histoire en or pour Hollywood. De celles qui font que les réalisateurs côtés de la place se bousculent au portillon de la major qui possède les droits et se fendent en courbettes et en politesses pour en obtenir la réalisation. Une histoire tellement géniale qu'on s'étonne d'ailleurs qu'elle soit restée dans les cartons si longtemps et n'ait rejoint plus tôt à la postérité ses aînées telles que "Les Affranchis", "Blow" et "Scarface".

Visiblement spécialiste en courbettes, Ridley Scott a remporté le lot. On imagine alors la tête des gros pontes d'Universal, éblouis à jamais par la patte de Scott grâce à des chef-d'oeuvre comme "Alien" (bientôt 30 ans), "Blade Runner" et "Thelma et Louise" mais sévèrement crispés en se remémorant les bouses que le type a commis ces 15 dernières années: "Lames de fond", "Kingdom of Heaven" (un cauchemar), "Une grande année" sans oublier "A armes égales", "Hannibal" et "La chute du Faucon noir" (là on parle de mégabouses). Entre les deux, ils ont dû se dire que dans un bon jour, le type pourrait pondre au pire un truc un peu bâtard, pas génial mais pas mauvais non plus, comme "Black rain", "1492: Christophe Colomb" ou encore "Gladiator" (bon, ok, celui-là était réussi).

A vrai dire, ces dernières années et devant les films plutôt réussis de son cadet Tony, on s'était dit que le tacheron de la famille Scott était désormais Ridley, alors même que Tony était voué à ses premières heures à devenir un clone de Michael "Mort de rire" Bay. Mais une bonne étoile doit planer sur Ridley qui rappelle avec "American Gangster" qu'il sait être un réalisateur largement au dessus de la moyenne quand il le veux bien. En vieux de la vieille, Scott reprend donc pour "American Gangster" une recette qui a fait ses preuve. Dans la forme, le film rappelle ainsi furieusement "Heat" de Michael Mann: un chassé-croisé clairement délimité, deux films en un, presque. Pas un plan non plus où Washington et Crow n'apparaissent ensemble de face.

Côté pile, on a droit à la saga mafieuse de Frank Lucas, interprêté par Denzel Washington qui éblouit chaque scène de son aura. Côté face, le film se transforme en polar hollywoodien mené par un Russell Crow qui, s'il a grillé ses chances de devenir un monstre sacré hollywoodien, retrouve ici sa dignité perdue dans le rôle d'un flic au bord du gouffre mais honnête jusqu'à l'entêtement. Pour lier le tout, Chiwetel Ejiofor, Josh Brolin, RZA, John Hawkes et bien d'autres jouent les seconds couteaux et se révèlent épatants. On aimeraient tous les voir dans des premiers rôles.

Scott sait aussi mettre en perspective son histoire. Sans en faire des tonnes comme Scorsese dans la reconstitution d'un New York d'un autre temps, il réussit à recréer une véritable mythologie urbaine et temporelle (le fiasco vietnamien vu depuis le Harlem des années '70 sert de trame de fond). Mais cette minutieuse reconstitution qui rend le film presque sobre sait aussi se tranformer en un thriller spectaculaire et nerveux. Pas un temps mort, pas une scène inutile, jamais l'intrigue ne faiblit durant les 2h37 syndicales désormais imposées par Hollywood pour de tels projets. Incroyable! Aurait-on retrouvé le véritable Ridley Scott?

La note de Noriegras: 13/20

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